Comment choisir son broker en ligne pour investir dans le Forex ?

Le Forex est un marché décentralisé, aussi il n’existe pas de carnet d’ordres centralisé et un courtier n’est pas un intermédiaire entre son client (vous) et le marché, mais entre ses différents clients, lui-même et une ou plusieurs plates-formes d’échanges inter-bancaires. On parle de marché OTC (Over The Counter) en anglais qui se traduit par « marché de gré à gré » en français. Cet article se propose de vous aider dans le choix de votre courtier ou broker Forex.

 

 

 

Quels sont les différents Types de courtiers Forex ?

Il existe trois types de courtiers Forex : les « market maker », les courtiers ECN et les courtiers ECN+STP.

Courtiers « market maker » ou MM

Les courtiers « market maker » aussi appelés « dealing desk » sont des teneurs de marché. En tant que client vous achetez ou vous vendez donc directement à votre courtier, lequel affiche les prix d’achat et de vente qu’il veut. Ceux-ci peuvent donc être conformes à ceux des plates-formes interbancaires ou pas. Le courtier se rémunère en encaissant le spread (ou la fourchette en français) c’est-à-dire la différence entre la meilleure offre d’achat et la meilleure offre de vente. Généralement les courtiers « market maker » proposent des spreads fixes pour chaque paire de devises, qui sont bien évidemment connus à l’avance et sont plus importants que ceux proposés par les autres types de courtiers, lesquels proposent des spreads variables qui dépendent de l’offre et de la demande. En période de faible volatilité les spreads fixes sont généralement plus importants que les spreads variables, mais cela peut s’inverser en période de forte volatilité.

Par exemple avec un courtier MM, si vous souhaitez acheter de l’EUR/USD et que le spread affiché est 1,0891/1,0894 vous achèterez à 1,0894. En imaginant que vous souhaitiez vendre quelques instants plus tard et que le spread soit identique, vous vendrez à 1,0891. Vous aurez donc payé 3 pips de frais de courtage puisque votre courtier aura encaissé la moitié de la fourchette dans chaque sens. On peut illustrer cela d’une autre manière : vous souhaitez acheter de l’EUR/USD, donc comme le spread affiché est 1,0891/1,0894 vous achetez à 1,0894. Un autre client au même moment souhaite vendre de l’EUR/USD. Il va donc le vendre à 1,0891. Votre courtier aura donc gagné 0,0003, soit 3 pips (donc 1,5 pips en provenance de chaque client).

Le courtier « market maker » n’est pas obligé de transmettre les ordres à une plateforme d’échange interbancaire, il peut décider d’assurer lui-même la contrepartie de votre position. Par exemple vous vendez la paire EUR/USD à 1,0894 et votre courtier fait la contrepartie. Si la paire monte, il vous la revendra plus cher lorsque vous la rachèterez. Votre courtier aura alors gagné de l’argent. Si par contre elle baisse, il vous la revendra aussi lorsque vous la rachèterez et votre courtier aura perdu de l’argent. C’est pour cette raison que les courtiers « MM » sont souvent accusés d’avoir intérêt à voir leurs clients perdre de l’argent. Dans les faits, les courtiers « MM » détectent les clients « perdants » – ce qui est simple pour eux puisqu’ils ont accès à toutes les transactions de tous leurs clients –  et se portent contrepartie des ordres qu’ils passent plutôt que des ordres passés par les clients « gagnants ». Ils n’ont ainsi en réalité pas besoin de manipuler les cours, d’autant que la majorité de leurs clients sont perdants !

Courtiers « Straight Through Processing » ou STP

Les courtiers STP (pour Straight Through Processing) reportent les ordres directement sur une plateforme du marché interbancaire. Dans ce cas, les spreads sont variables car ils reflètent la réalité de l’offre et de la demande, laquelle varie dans le temps au gré des annonces macro-économiques par exemple. Ainsi le spread peut augmenter considérablement à certains moments. Il est généralement corrélé à la volatilité des prix, ce qui se comprend aisément puisqu’il est un des constituants du prix.

Les courtiers STP ont généralement meilleure presse que les courtiers MM car leur mode de rémunération est plus clair : ils perçoivent une commission sur chaque ordre exécuté soit sous la forme d’une commission classique, soit sous la forme d’un élargissement du spread (d’un pip par exemple). Les choses sont effectivement plus transparentes qu’avec un courtier MM. Néanmoins si vous bénéficiez généralement en tant que client de spreads plus faibles, c’est au prix de l’incertitude de leur évolution lorsque la volatilité augmente.

Courtiers « Electronic Cotation Network » ou ECN

Les courtiers ECN (pour Electronic Cotation Network) collectent les informations sur les offres de vente et d’achat auprès d’une ou plusieurs plateformes interbancaires, qu’ils consolident au sein d’un carnet d’ordres affiché au client. Ils peuvent être assimilés aux courtiers STP.

Régulation

Garantie des dépôts 

Un des points les plus importants à vérifier pour choisir un courtier Forex est celui concernant la garantie de vos dépôts, surtout dans le cas de courtiers de type « Market Maker » puisque ceux-ci sont susceptibles de subir des pertes plus importantes.

Il est donc nécessaire de choisir un courtier régulé. Les régulateurs principaux pour l’Union Européenne sont :

  • l’EFSA (Estonian Financial Supervision Authority) en Estonie ;
  • la FCA (Financial Conduct Authority) au Royaume Uni, via le FSCS (Financial Services Compensation Scheme) ;
  • l’ICS (Investors Compensation Fund) à Chypre.

Chaque régulateur offre des garanties différentes. Par exemple la FSCS garantit les avoir des clients à hauteur de 85 000 livres (source) alors que la garantie offerte par l’ICS est de 20 000 livres (source).

Listes noires

L’AMF publie régulièrement des listes noires de sociétés et sites non autorisés dont les sites de courtiers Forex ou produits dérivés sur crypto-actifs. Nous vous recommandons de consulter ces listes avant de choisir votre courtier. Les listes sont accessibles depuis ce lien : https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/proteger-son-epargne/listes-noires-et-mises-en-garde

Protections du trader / client : compte à risque limité

En France, le régulateur impose des obligations aux courtiers qui souhaitent disposer d’un agrément. Les courtiers doivent obligatoirement proposer à leurs clients des comptes à risque limité comportant notamment une protection contre le solde négatif, des stop loss garantis et des effets de levier limités. Les courtiers qui respectent ces obligations les appliquent automatiquement aux résidents français, ce qui peut vous empêcher de prendre certaines positions ou vous limiter dans vos actions, mais vous offre une protection non négligeable.

Protection contre le solde négatif

Les comptes à risque limité ne peuvent présenter un solde négatif. Ainsi dans le cas de forts décalages de cotation sur une ou plusieurs positions en levier qui conduiraient à un solde négatif, le courtier doit compenser la perte et vous ne pouvez pas perdre plus que le solde de votre compte.

Stop loss garanti

Un stop loss garanti est un ordre stop dont le prix d’exécution est garanti. Un ordre stop normal se transforme en ordre « au marché » lorsqu’il se déclenche. Il peut donc être exécuté à un prix très différent du prix qui le déclenche. Vous pouvez ainsi perdre beaucoup plus que ce que vous pensiez. Le stop loss garanti sera quant à lui exécuté au prix de déclenchement.

Par exemple si vous avez acheté à 100 et que vous posez un stop-loss à 90, dès qu’une transaction sera réalisée à 90, votre ordre de vente se déclenchera. Si à ce moment là la meilleure offre d’achat est à 80, vous vendrez à 80. Avec un ordre stop loss garanti, vous vendrez à 90 et c’est votre courtier qui prendra la perte de 10.

Les stop loss garantis peuvent coûter plus cher que les stop loss non garantis, mais ils vous protègent de pertes non envisagées et surtout incontrôlées.

Effets de levier limités

Le levier maximum utilisable est limité et dépend du type de véhicule d’investissement utilisé (voir rubrique « levier maximum »).

Conditions de trading

Outre les garanties offertes par le courtier les principaux critères de choix reposent sur les conditions de trading proposées par chaque broker.

Dépôts minimum, versements et retraits

Tous les courtiers n’ont pas les mêmes exigences en terme de dépôt minimum lors de l’ouverture d’un compte, ni en terme de versement et retraits, et ce aussi bien pour ce qui concerne les montants minimum que les modes de versement ou retrait supportés. Les frais appliqués aux versements et retraits peuvent aussi être différents et doivent être pris en compte.

Coûts de transactions

Comme expliqué dans la partie relative aux différents types de courtiers, les coûts de transaction peuvent être constitués uniquement des spread (fixes ou variables) ou de commissions, ou d’un mix des deux. Il convient donc de comparer les coûts de transactions des courtiers qui ont retenus votre attention en calculant les frais qui s’appliqueront aux types de transactions que vous souhaitez réaliser. 

Les coûts de transaction comprennent aussi les frais de financement pour les positions longues (ie acheteuses). Lorsque vous achetez un CFD par exemple avec un effet de levier, dans les faits vous empruntez de l’argent à votre courtier. Bien évidemment celui-ci vous facturera ce service en percevant un taux d’intérêt. Généralement le taux appliqué est indexé sur un taux tel que le LIBOR. Sur des positions avec un effet de levier important, le portage de la position sur plusieurs jours (par exemple la durée d’un week-end) peut générer des frais relativement importants et très variables selon les courtiers. Il est donc fondamental de comparer ces coûts avant de choisir un courtier.

Lot minimum

La taille des positions sur le marché des devises s’exprime en « lots ». Ainsi un lot sur le Forex pour la paire de devises EUR/USD correspond à un investissement de 100 000 euros. Certains courtiers proposent des « mini-lots » correspondant à 10 000 euros par exemple sur la paire EUR/USD, ou des micro-lots correspondant à 1 000 euros sur cette même paire.

Tous les courtiers n’ont pas les mêmes exigences en termes de lots minimum pour chaque prise de position. Il est donc important de savoir quelles sont les tailles de positions minimales exigées pour les paires de devises ou les CFD qui vous intéressent.

Levier maximum

Le levier maximum peut être très élevé. Pour les résidents français et dans le cas d’un courtier respectant les règles, celui-ci doit être limité à 20 pour les paires de devises dites « mineures » et 30 pour les paires dites « majeures ». Il peut être tentant d’utiliser des leviers supérieurs mais n’oubliez jamais les deux points suivant :

  • la dissymétrie existant entre les pertes et les gains. Pour effacer une perte de 50% de votre capital il faut un gain de 100% ;
  • une baisse de 1% en levier 100 vous ruine.

Marchés accessibles

Aujourd’hui, plus aucun courtier n’est exclusivement dédié au Forex. La plupart des courtiers offrent un accès à une grande variété de véhicules d’investissement tels que :

  • CFD sur actions : les CFD sur actions permettent de prendre une position à la baisse ou à la hausse sur une action avec un effet de levier pouvant varier de 1 à 400 (hors régulation) ;
  • CFD sur indices ;
  • crypto-monnaies ; 
  • devises : nombre de paires de devises ;
  • ETF : les Exchange Trading Funds sont des fonds indexés sur un indice de référence permettant de prendre très simplement une position sur un indice avec des frais minimum ;
  • matières premières et métaux précieux ;
  • obligations d’entreprises et/ou d’Etat.

Si la plupart des courtiers offrent un accès à la palette complète d’outils ci-dessus, le choix ou la variété des actifs sous-jacents peuvent être très différents d’un courtier à l’autre. Il convient donc de sélectionner un courtier offrant un accès au maximum d’actifs sous-jacents selon vos véhicules préférés. Par exemple si vous comptez opérer principalement sur les devises il faudra vérifier que le courtier choisi offre la plus grande variété de paires de devises possible. Ou si vous préférez utiliser des ETF il conviendra de voir combien d’ETF sont proposés par chaque courtier et sur quels indices de référence ils vous permettent d’intervenir.

Plateformes de trading et outils

Pour prendre position sur les marchés, vous devez utiliser les outils proposés par votre courtier. En général chaque courtier propose une plate-forme d’accès basée sur un navigateur WEB ainsi qu’une application mobile dédiée.

Les critères de choix du courtier en terme d’outil proposé sont les suivants :

  • disponibilité de l’outil pour votre environnement de prédilection : Windows, MacOS, Linux, Android, IoS ;
  • fonctionnalités de l’outil pour votre ou vos environnements : certaines plates-formes sont plus simples d’utilisation que d’autres. A l’inverse, les plates-formes plus complexes offrent généralement des fonctionnalités plus avancées telles que le développement de stratégies de trading automatiques, le backtest de stratégies, la création d’indicateurs personnalisés, etc.
  • certains courtiers proposent des plate-formes propriétaires et « fermées », tandis que d’autres proposent des outils ouverts et interfaçables avec des applications tierces plus spécialisées. 

Disponibilité de la plate-forme et performance de celle-ci

Avant de vous engager avec un courtier, il peut être intéressant de consulter les avis de ses clients, si possible de longue date, pour avoir une indication de la disponibilité de la plate-forme proposée car rien n’est plus énervant que de se retrouver dans l’impossibilité de placer un ordre pour profiter d’un mouvement de marché ou encore pire pour sortir d’une position qui tourne mal ou déplacer un stop.

Il est aussi intéressant d’obtenir des informations au sujet de la vitesse d’exécution d’un ordre d’achat ou de vente car en période de forte volatilité cela peut avoir un impact important sur vos performances. A ce sujet, les courtiers MM peuvent présenter un avantage car comme ils traitent directement vos ordres, ils sont généralement plus rapides.

Sécurité

Certains courtiers sécurisent mieux que d’autres l’accès à votre compte en proposant l’activation de dispositifs tels que l’authentification à double facteurs ou la restriction d’accès par adresse IP.

L’authentification à double facteurs consiste à obliger l’utilisateur à disposer de deux facteurs physiquement distincts pour pouvoir accéder à son compte. Le premier facteur est généralement un secret connu de lui seul, c’est-à-dire son mot de passe. Et le second facteur est généralement un dispositif physique qu’il est le seul à posséder. Par exemple son smartphone. Ainsi l’authentification à double facteurs pourra par exemple être constituée du mot de passe de connexion et d’un code à usage unique (ou OTP pour One Time Password) reçu par SMS.

La protection par limitation d’accès à une ou plusieurs adresses IP sources est une forme d’authentification à double facteurs plus restrictive puisque vous pourrez accéder à votre compte uniquement depuis une adresse IP associée à votre compte, généralement l’adresse IP publique de votre box. Cette protection est plutôt contraignante et plus appropriée dans des cas d’usage de type trading automatisé où votre compte est utilisé par une machine fixe.

Trading social

Le trading social est un mix entre réseau social et plate-forme de trading. Certains courtiers comme eToro par exemple sont spécialisés dans cette forme de trading. Ils vous permettent ainsi de partager vos trades et de consulter les trades d’autres clients. Des palmares de clients obtenant le plus de succès dans des catégories différentes sont ainsi disponibles et des fonctionnalités de suivi plus ou moins automatiques vous permettent de faire du « copy trading », c’est-à-dire de reproduire les prises de position d’un autre client.

Cette idée est séduisante, et même si les clients les plus copiés sont rémunérés par le courtier et si les performances passées ne préjugent pas des performances futures, cela peut vous donner des idées et vous permettre de vous améliorer.

Formation / coaching

Certains courtiers proposent des modules de formation, voire de coaching. Cela peut être intéressant pour bien comprendre l’utilisation des outils proposés, le passage d’ordres et surtout les risques pris.

Support ou help desk

En cas de problème d’utilisation des outils fournis, d’impossibilité d’accès ou d’aide à l’utilisation, l’accès à un service de support (ou hot-line ou help desk) est primordial, dans des délais raisonnables, avec un interlocuteur compétent et si possible dans votre langue natale !

Avertissements liés au risque

Une étude de l’AMF menée en 2014 et portant sur les quatre années précédentes montre que 89% des particuliers actifs sur le forex ou les CFD perdaient de l’argent, avec une perte moyenne d’un peu plus de 10 000 euros.

N’investissez sur le forex ou les CFD que des sommes que vous êtes prêt à perdre.

Les articles de l’AMF au sujet du Forex et des options binaires : https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/proteger-son-epargne/forex-options-binaires-un-marche-fuir

Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 74 à 89% des comptes d’investisseurs particuliers perdent de l’argent en négociant des CFD.

FAQ Broker Forex

Qu’est-ce qu’un « dealing desk » forex ?

Un dealing desk est tout simplement un service d’achat et de vente assuré par votre courtier plutôt que par une plateforme d’échange interbancaire. Cela permet à votre courtier de se faire la contrepartie de votre ordre ou de marier les ordres de ses clients entre eux. La problématique posée par les courtiers « dealing desk » réside dans le fait que le courtier est intéressé au résultat de votre prise de position. En effet si le courtier vous a vendu un CFD par exemple, il aura intérêt à ce que le prix de celui-ci baisse pour s’assurer un gain supérieur lorsque vous le revendrez à perte. De plus, comme le courtier vous connaît et connaît tous ses clients il peut choisir d’être la contrepartie de ses clients généralement perdants et de router les ordres de ses clients généralement gagnants vers une plateforme interbancaire. Toute cette mécanique étant bien entendu totalement opaque pour le client.

Qu’est-ce qu’un PIP forex ?

Un pip correspond à l’élément de cotation le plus faible, soit la quatrième décimale : 0,0001.

Qu’est-ce qu’un spread Forex ?

Le spread est l’écart entre la meilleure offre de vente et la meilleure offre d’achat. En français on parle de « fourchette ». Un cours de bourse, quel qu’il soit correspond au prix unitaire du dernier échange réalisé entre un acheteur et un vendeur. Lorsqu’il n’est pas possible de marier un ordre de vente et un ordre d’achat, 

Qu’est-ce qu’un courtier forex MM ?

Un courtier forex MM est un courtier « Market Maker », c’est-à-dire un teneur de marché. Lorsque vous passez un ordre c’est votre courtier qui sera la contrepartie. Ceci comporte des avantages en terme de rapidité d’exécution et de liquidité par exemple, mais aussi un certain nombre d’inconvénients car le courtier est alors partie prenante de votre position et a plutôt intérêt à vous voir perdre que gagner !